Dybex et le webring LEIJI francophone vous présentent :

    RETOUR D'UNE LEGENDE    BIOGRAPHIES      FONDS D'ECRAN
    GUIDE DES EPISODES      FILMOGRAPHIES    LES JEUX
    FICHES PERSONNAGES      DOSSIERS         LES FANARTS
    LE LEIJIVERSE           LES DVD          LES LIENS

Herlock, pirate ou corsaire ?

Nous avons tous en tête les génériques français des deux premières séries d'Herlock, qui parlent de "corsaire de l'espace", ou encore de "capitaine corsaire". Pourtant, au fil des épisodes de ces séries, le terme corsaire cède le plus souvent la place à celui de pirate, tout comme le suggère également le titre américain Space Pirate Captain Harlock qui est une traduction littérale du titre original japonais Uchû Kaizoku Captain Harlock.

Mais alors, que sont réellement Herlock et son équipage, des corsaires ? Des pirates ? Ou peut-être encore des flibustiers, ou bien même des boucaniers ? Nous allons maintenant tenter d'éclaircir cette question.

La principale différence entre un corsaire et un pirate est que le premier agit au nom d'un gouvernement en guerre, alors que le second agit pour son propre compte, par temps de guerre comme de paix.

De ce point de vue, pas de doute possible : Herlock est bien un pirate.
Dans le film Waga Seishun no Arcadia, c'est justement pour mettre un terme à sa collaboration forcée avec le gouvernement terrien d'occupation qu'il hisse l'étendard de la révolte, le pavillon noir à tête de mort qui a toujours été sous différentes déclinaisons l'emblème des pirates.

Herlock n'a de compte à rendre à personne, il est le seul maître à bord de son Arcadia arborant la bannière de la liberté. Cette liberté chère à son coeur, et qui vaut aussi bien pour lui que pour son équipage, est une aspiration essentielle des pirates à travers les âges.

Alors que de nombreux corsaires se livraient au trafic d'esclaves, les pirates rendaient le plus souvent la liberté à ceux qu'ils trouvaient enfermés dans les cales des navires capturés, tout comme Herlock, qui s'est toujours posé en défenseur et en libérateur des peuples opprimés.

Pour revenir au cadre maritime, les membres d'équipage d'un bateau pirate étaient le plus souvent d'anciens marins lassés par la discipline particulièrement dure qui régnait sur les navires traditionnels, rêvant d'une autre vie plus facile, faite d'aventure et d'horizons lointains.

Derrière l'image romantique du pirate se cachait pourtant bien souvent une réalité beaucoup moins enviable, mais le mythe éternel de l'homme libre l'emporte dans l'imaginaire collectif. Au 20ème siècle, l'écrivain anarchiste Peter Lamborn Wilson aborde dans son livre TAZ la notion d'utopie pirate.
La quête de la planète idéale que mène Herlock dans la série Mugen Kidô SSX relève bien de la pure utopie.

De même, qu'est donc l'Arcadia si ce n'est une utopie, croisement d'un galion, d'un cuirassé et d'un vaisseau spatial ? Atlantis, le nom français du vaisseau d'Herlock, rejoint également cette idée, puisqu'il fait référence au mythe du fabuleux continent englouti de l'Atlantide, légende qui fascine l'imagination humaine depuis des siècles.

Si le pirate est un être révolté et épris de liberté, Herlock en est bien un. Pourtant, de nombreuses autres caractéristiques du pirate ne correspondent pas au personnage imaginé par Leiji Matsumoto. Le pirate, tout comme d'ailleurs le corsaire, est le plus souvent en quête de marchandise à forte valeur ajoutée, comme les montagnes d'or et de pierres précieuses qui transitaient à bord des navires espagnols.

Herlock n'a que faire de ces babioles, qu'il disperse dans le vide sidéral lorsque sa route croise celle d'un cargo en transportant. De plus, le pirate s'attaque à toutes les cibles potentiellement intéressantes, sans distinction aucune, notamment de nationalité. Herlock ne frappe pas au hasard, il pille uniquement les cargos terriens, et n'attaque dans le but de les détruire que les vaisseaux représentant une menace pour lui ou pour les autres.

Il rejoint en cela le corsaire, qui ne s'en prend qu'à un ennemi bien déterminé, alors que le pirate pille et détruit indistinctement sans d'autre idéal que son propre profit. Bien qu'il aime à naviguer librement dans l'espace infini, Herlock sait se mettre au service des grandes causes, et faire abstraction de sa propre personne lorsque d'autres souffrent ou bien sont menacés.

Par opposition au pirate qui est le plus souvent un être sans foi ni loi, Herlock est un homme droit, avec des principes, respectant toujours ses promesses. Sa loyauté envers ses convictions et sa noblesse naturelle le rapproche donc plus du corsaire que du pirate.

Difficile également de ne pas être tenté de faire le rapprochement avec le plus célèbre des corsaires, Sir Francis Drake, qui alla en 1588 affronter l'armada royale de la reine Sylv... pardon, du roi Philippe II d'Espagne, et qui parvint à en capturer le vaisseau amiral.

En plus de la tête de mort qu'il arbore, le physique d'Herlock correspond bien à première vue aux stéréotypes sur les pirates, avec sa longue balafre et son oeil bandé. Mais en y regardant de plus près, la noble élégance de son allure, foulard au vent, et sa droiture ne correspondent-elles pas plutôt à l'image du corsaire ? Alors, finalement, Herlock est-il un pirate ou un corsaire ? Les deux mon capitaine ! A moins qu'il ne soit en fait ni l'un ni l'autre...

Deux autres dénominations sont intimement liées à la notion de piraterie : boucanier et flibustier. Pour ce qui est de ce premier, nous passerons assez rapidement dessus, car il ne présente manifestement que peu de ressemblances avec notre capitaine balafré.

La particularité du boucanier par rapport au pirate, c'est qu'il ne pillait pas les navires de son propre pays, le nom "boucanier" venant du "boucan", sorte de foyer sur lequel il fumait la viande de boeuf sauvage, la chasse étant une de ses principales occupations.

Pas grand chose à voir avec Herlock, donc, mais la notion de flibustier est quant à elle beaucoup plus intéressante. A la fin du XVIIème siècle, les flibustiers ont été utilisés par le gouvernement français aux cotés des troupes régulières sur plusieurs expéditions contre la flotte espagnole.

Après la défaite de l'Espagne, les flibustiers perdirent donc leur raison d'être. Certains s'installèrent, tandis que d'autres s'en allèrent vers de nouveaux horizons dans le pacifique sud.
De même, une fois la victoire acquise à la fin des deux premières séries Uchû Kaizoku Captain Harlock et Mugen Kidô SSX, Herlock dépose son équipage sur Terre puis s'en va à bord de son Arcadia vers de nouvelles aventures dans l'univers infini.

La caractéristique principale du flibustier par rapport au pirate est en fait qu'il s'en prend uniquement à un ennemi bien identifié, en l'occurrence l'Espagne. Ce sont donc des hommes de plusieurs nationalités qui se sont regroupés pour affronter un ennemi commun.

Le parallèle avec l'équipage de l'Arcadia est évident, Mimeh s'associant aux terriens pour combattre les Mazones ou les Noo selon la série. On retrouve donc avec les flibustiers la notion de cause, qui fait si cruellement défaut aux pirates, et qui les rapproche sensiblement de l'équipage de l'Arcadia.

De plus, "flibustier" vient de l'anglais "freebooter", lui-même dérivé du néerlandais "vrijbuiter" qui signifie "qui fait du butin librement". On récupère ainsi explicitement cette notion de liberté si chère à Herlock.

Certains points communs entre l'histoire de la flibuste et celle d'Herlock sont troublants, mais peut-on dire pour autant que Leiji Matsumoto a délibérément fait de son personnage un flibustier ?

Rien n'indique qu'il ait eu connaissance de toutes les subtiles différences entre pirate, corsaire et flibustier, on ne peut donc que faire des suppositions à ce sujet. Et puis il faut tout de même reconnaître que "Le voilà, Al-bator, le ca-pi-taine fli-bus'tier", ça sonne quand même beaucoup moins bien...



 HEO par ses auteurs


 Pirate ou corsaire ?


 De Harlock à Albator


 Elèves de Tezuka


 Le terrifiant Noo

Based on the comic "Space Pirate Captain Herlock" by Leiji Matsumoto © LEIJI MATSUMOTO/Kobunsha - VAP - NTV [Naviguer sans FLASH]